À une semaine du 1er tour, ce que je dis autour de moi du danger Hollande

Publié le par Poing rouge

En premier lieu, que je me trompe sur le personnage depuis le début. Reprenant les arguments qui traînent, ici ou là, sur sa prétendue mollesse, riant de ses surnoms fameux "  Flamby, Guimauve le Conquérant, Fraise des bois … ", déclarant, péremptoirement, que le rejet de Sarkozy ne suffira pas. Qu’il faut un programme. Que ses 60 propositions, c’est un peu court … et bla bla bla ! Avec des sondages, qui ne se démentent pas depuis le début, et le situent dans une fourchette confortable, notamment depuis le 5 avril, entre 27% et 30% des intentions de vote, j’avoue alors à mes interlocuteurs que ma thèse de "l’effondrement Hollandais programmé " est à mettre à la corbeille.

 

FHEnfarine

 

Une image me poursuit, une anecdote de campagne, une petite mésaventure dont Hollande fut la victime le 1er février dernier : son enfarinage à la tribune au moment de la signature de la charte de la fondation Abbé Pierre contre le mal-logement. Depuis lors, cet incident me trotte dans la tête, je ne m’explique pas la réaction de François Hollande qui est qu’il n’a pas de réaction ! Il reprend son acte de signature, impassible, comme s’il était absent de la séquence.

 

Dans Le Rire, Henri Bergson montre un homme qui court dans la rue, trébuche et tombe : les passants rient de  ce qu’il y a d’involontaire dans le changement, de la maladresse.  « Ce qu'il y a de risible dans ce cas, c'est une certaine raideur de mécanique là où l'on voudrait trouver la souplesse attentive et la vivante flexibilité d'une personne».

 

Paradoxalement cet enfarinage ni ne fait rire ni n’émeut. C’est Bergson qui donne une des clefs. On s’attendrait à un sursaut craintif de la part du candidat, un pas de côté, une posture d’autodéfense ou une posture de riposte, tout geste qui relève du vivant, toute chose qui permettrait une empathie avec la victime enfarinée. Rien !  "Sang-froid", ont dit les commentateurs de la vidéo. Ils se trompent, comme l’a bien vu dans son billet du lendemain, Daniel Schneidermann : « Une a-réaction absolue, confinant tellement à l’inhumain, qu’on peine à la qualifier, comme tous les commentateurs le firent en temps réel, de sang froid ». 

 

"L’inhumain" ? Avec le recul, je pense que Schneidermann a vu juste. Comme si le corps hollandais révélait, le temps d’un incident, la vérité du personnage. Sa froide détermination, son cynisme : il est de la trempe de ceux que la vision d’une haute destinée met à l’abri de l’émotion. Son corps trahit le mensonge du personnage, qui n’est pas un personnage de comédie dont on rit, mais un personnage de roman balzacien, dur, calculateur, d’autant plus dangereux qu’il se donne à voir jovial et ironique.

 

 Là est la stratégie du candidat Hollande. Dans cette absence. Il n‘a pas besoin d’être là, il a déjà gagné ! Il est le personnage principal dont tous les autres parlent, mais qui se dérobe à toute confrontation. Libre de toute alliance, exonéré de toute promesse électorale, il  attend le 6 mai au soir. Il est tout entier tendu vers son destin.  Son immense destin !  Que nous savons n’être qu’une basse besogne : trahir le peuple qui l’élira le 6 mai prochain. Accomplir ce que l’Occident libéral attend de lui, casser cette France trop longtemps rebelle, mettre en œuvre les réformes que l’Angleterre de Blair et l’Allemagne de Schröder, ont accomplies. Flexibilité du marché du travail, contrats supérieurs à la loi, compétitivité et baisse des coûts du travail … Entre autres.

 

Qu’est-ce qui pourrait bien enrayer une si belle mécanique ? Rien d’autre qu’un grain de sable.

 

Plage au peuple !

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