Front de Gauche ... Passionnément !

Publié le par Poing rouge

Dans son carnet de campagne du 1er avril 2012, " Hollande face aux passions françaises " Renaud Dély, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur  s’inquiète :

 

« Parce que la colère du peuple fait le bonheur de Mélenchon, et la peur celui de Sarkozy, Hollande doit dépasser un discours purement rationnel, voire raisonnable, pour incarner autre chose. Sinon, il perdra. »

 

DesvisagesLille

 

  1. La cinquième colonne

 

Quelle bêtise ! Quelle ignorance crasse et quelle volonté de nuire ! La colère n’est pas une passion, tout au plus une pulsion soudaine, irrépressible, qui aveugle, puis disparaît, abandonnant le colérique à son désarroi.  Rien de tel dans la passion qui anime la campagne du Front de Gauche. Elle est, et c’est son sens premier, notre souffrance passive, nous, qui avons tant pâti des politiques libérales triomphantes.  Politiques portées par les Balladur, Chirac, Juppé, Sarkozy, mais aussi par cette « cinquième colonne » tapie au sein même des forces de gauche, distillant le venin de la résignation.  Née dans nos luttes, contre le plan Juppé en 1995, contre le Traité Constitutionnel en 2005, contre la réforme des retraites en 2010, aguerrie par leurs trahisons et leur morgue, elle fait aujourd’hui irruption sur la scène politique en scandant " Résistance ! ". Ce qui anime ce Front du Peuple en marche partout en France, du plus petit village jusqu’à la place de La Bastille c’est la passion révolutionnaire. Elle est consciente, elle est déterminée, elle est non-violente, elle est joyeuse … Mais elle est gravité aussi, mue par l’ardente et impérieuse nécessité de changer de société.

 

  1. La passion selon saint François

  

Hollande déclarait à l’automne dernier vouloir « réenchanter le rêve français », slogan " copié collé " du « I have a dream » de Obama,  testé dès le mois d’avril 2011 dans le cadre de sa campagne pour les primaires socialistes :  « c’est le rêve français que je veux réenchanter, celui qui a permis à des générations, durant toute la République, de croire à l’égalité et au progrès ». Hélas ! Les paroles ne se sont pas incarnées dans un programme de changement ! Les mots, simples éléments de langage, tournent mécaniquement dans ses discours pompeux et pompiers, nostalgiquement Troisième République, lassant des électeurs qui veulent un changement de société. Le retour du thème de l’abstention dans la campagne (32% d’électeurs) et le peu d’appétence pour les deux candidats choisis par le Parti de la Presse et de l’Argent (53% d’électeurs déclarent vouloir éviter un match Sarkozy-Hollande au  second tour) sont les symptômes du peu de passion que suscite la campagne " officielle ", celle qui considère que la candidature Mélenchon compte pour du beurre.

 

Le Nouvel Observateur a raison de s’inquiéter pour son champion. Mais à quinze jours de l’échéance, quelle passion sortir du chapeau ? Renaud Dély, verbeux et creux, se garde bien de le dire.

 

La peur ? La peur d’une réélection de Sarkozy ? Le candidat Hollande en a beaucoup joué mais ça risque de ne pas suffire. La peur de Mélenchon ? Le retour des Khmers rouges ? Hollande, grand seigneur, abandonne à son Gnafron lyonnais, Gérard Collomb, le travail de basses œuvres. « Le modèle que défend Mélenchon a été essayé en URSS et au Cambodge ». Mais quand les propos de l’un font écho aux propos de la présidente du Medef, Laurence Parisot, qui voit en Mélenchon « l’héritier de la Terreur », c’est contre-productif et ça sent "l’alliance objective".

 

Le désir ?  Le désir d’avenir ? C’est un peu tard pour le susciter. Et la campagne de 2007 a quelque peu usé le concept.

 

Alors quelles sont donc ces passions que le candidat Hollande devrait réanimer dans le cœur des Français ? On a beau chercher dans la liste des dix catégories d’Aristote, on ne voit pas grand chose qui pourrait sauver sa com’ catastrophique. Si quelqu’un a des idées …

 

  1. Front de Gauche … passionnément !

 

Nous, électeurs du Front de Gauche, disons avec Hegel : « Rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passion. »

 

Aux urnes, citoyens !

 

 

 

 

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