L'éphémère triomphe de Monsieur Hollande

Publié le par Poing rouge

L'éclosion

 

C'est bien d'une fleur qu'il s'agit ici, une fleur qui s'épanouit, glorieuse, dans le champ. Extraordinaire cliché du photographe Sébastien Calvet pris au meeting du Bataclan le 13 octobre 2011 et qui fit la "une" du journal Libération, au lendemain de l'investiture du candidat socialiste, avec ce titre évocateur, "Le nom de la rose". Mais plus qu'au roman d'Umberto Eco, c'est au poème de Guillevic que je songe, et que je vous invite à lire ou relire ici.

 

photoSebastienCalvet

 

                                                                                        " Allons briller.

                                                                                          C'est l'heure."

 

Le temps de l'ombre

 

Cette heure, François Hollande s'y prépare depuis 26 ans. Dans l'ombre, patiemment, obstinément. Tout commence en février 1985 dans les colonnes du journal Le Monde, où il signe avec Jean-Michel Gaillard, Jean-Yves Le Drian et Jean-Pierre Mignard, tous hommes de conviction, un appel à la rénovation du Parti Socialiste. De quoi s'agit-il ? Déboulonner le S archaïque du parti et lui substituer un D démocrate plus conforme à la doctrine sociale que ces quatre signataires promeuvent. Au fil du temps, de colloques en universités d'été, du club Démocratie 2000 aux clubs Témoins, le groupe "transcourants" s'étoffe. À l'automne 1994, alors que les médias de l'époque constatent l'engouement spontané des électeurs Français pour une candidature du Président de la Commission Européenne, l'hebdomadaire L'Express compte " douze apôtres de Jacques Delors", dont François Hollande et Ségolène Royal. Las ! Le président d'honneur des clubs Témoins renoncera le 11 décembre à la magistrature suprême, abandonnant là les membres de son think tank ...

 

"Une jolie fleur dans une peau de vache", Georges Brassens

 

La cohabitation Chirac-Jospin offrira à François Hollande l'opportunité de reprendre la main: il occupera le poste de 1er secrétaire du parti de 1997 à 2008. C'est le temps du maquillage et des trucages, mais une belle apparence n'est-elle pas à ce prix ? La parure social-libérale sied au premier secrétaire qui, malgré deux échecs cuisants sur lesquels, par charité, nous ne nous attarderons pas, les présidentielles de 2002 et 2007, garde le cap d'un blairisme à la Française.

 

De l'ombre à la lumière

 

Il aurait pu rester dans l'ombre, ne jamais éclore ... Si Delors avait osé, si Jospin était resté socialiste, si Ségolène Royal ... Si DSK ...

 

"Allons briller"

 

L'ennemi de la fleur, c'est le vent. Et du vent, assurément, il y en aura. Confrontés aux catastrophes humaines et écologiques (Lire "Sauver le genre humain, pas seulement la planète", Lucien Sève, Le Monde Diplomatique, novembre 2011) que le nouvel âge du capitalisme génère, nous avons, femmes et hommes de gauche, une responsabilité historique : la sociale-démocratie est impuissante et surtout dépassée face aux dangers qui menacent l'humanité. L'humain d'abord !

 

 

 

 

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