La "deuxième gauche" regarde passer le train de l'Histoire

Publié le par Poing rouge

Et si en mai prochain, elle accédait enfin au pouvoir suprême, la deuxième gauche ? Avec Hollande. Mais, ironie de l'Histoire, alors qu'elle attend le triomphe de ses idées depuis les années 70, la dite Histoire lui accorderait une victoire ... par défaut, par anti-sarkozysme primaire. Avec l'appoint des voix ... de la classe ouvrière organisée autour du Front de Gauche. Ce qui serait un comble, vous l'avouerez, pour les idéologues du think tank "Terra Nova".

 

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Soyons clair. La "nouvelle" ou "deuxième" gauche, la social-démocratie à la française, s'est à peu près trompée sur tout depuis quarante ans. Rêvant d'un mariage de raison entre capitalisme et démocratie, elle n'a pas vu venir la vague libérale qui déferlait d'abord dans les pays anglo-saxons avec Margaret Thatcher et Ronald Reagan, puis sur l'ensemble du monde. Par naïveté parfois, par conviction surtout, les sociaux-démocrates européens se sont compromis avec ce capitalisme en mutation, privatisant ici, accompagnant là les régressions sociales et démocratiques : les Tony Blair et Gerhard Schröder, tous hérauts de la "troisième voie" qui se traduit en Allemagne, pour ne prendre que cet exemple, par le vote des lois Hartz, la réduction des allocations de chômage, la facilitation des licenciements, la fin de la gratuité des soins, la modération salariale au nom de la compétitivité, et ... 4,7 millions de chômeurs. Et après ces deux-là, vinrent les Zapatero, Socrates, Papandréou, tous renvoyés à leurs chères études par les électeurs.

 

La fondation Terra Nova par la voix, entre autres, de son président Olivier Ferrand reconnaît dans son pensum "Gauche : Quelle majorité électorale pour 2012 ?" que la social-démocratie est en crise ... Le Front de Gauche partage cet avis, mais lie cette crise aux mutations du modèle capitaliste, et apporte des solutions alternatives. En restant "dans le cadre", pour reprendre l'analyse de Frédéric Lordon, la social-démocratie a encore un train de retard.

 

Qu'est-ce donc que cette fondation Terra Nova dont on fait tant de cas ? Une entreprise de recyclage de tout le fatras idéologique que nous a déjà servi Michel Rocard en son temps avec son "village planétaire" peuplé, d'une part, de "manipulateurs de symboles" qui singent l'habitus des classes dominantes,  et de "travailleurs routiniers", abandonnés à la télé, la tête dans le cul, et condamnés au vote fasciste, d'autre part. De cette "vision" rocardienne se déduit naturellement une prophétie : "une nouvelle coalition émerge : la France de demain".  Une coalition qui irait, on l'aura compris, de Robert Hue à François Bayrou, tous, hommes du passé.

 

Voilà donc la promesse de mai 2012 ? Nous sommes nombreux à penser que cette promesse tournerait au cauchemar si ... Plus que jamais, et dans l'urgence, nous appelons le peuple de gauche à se rassembler : "unis dans la rue, unis dans les urnes". 

 

Votez Jean-Luc Mélenchon.

 

 

 

 

 

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leunamme 11/03/2012 16:28


La gauche, quand elle s'appelle nouvelle ou deuxième, c'est qu'elle n'est plus de gauche. La gauche, la vraie, il n'y en a qu'une ! 


PS : vous êtes aussi en lien chez moi.