Le président Hollande est-il postmoderne ?

Publié le par Poing rouge

La photo officielle du 24ème président de la République ne laisse pas indifférent et déjoue les attentes.

 

Assumée comme "simulacre" d’un de ces clichés banals, format carré, qu’on partage instantanément entre potes sur Tweeter et Facebook, elle gomme le clivage, traditionnel dans ce genre académique, entre la "belle" photographie de studio et la photo amateur dans sa simplicité. "Ça ressemble à une photo amateur mais ce n’est pas …" Et ce n’est pas avec son smartphone que shoote Depardon !

 

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Au-delà des intentions esthétisantes évidentes de Depardon, cette photo laisse deviner ce que pourrait être, d’un point de vue politique, cette présidence.

 

François Hollande n’a pas d’histoire. Il naît sous nos yeux, seul sur la pelouse, presque par hasard. On distingue bien en arrière-plan quelque vague bâtiment historique et sur la gauche, en façade, des étendards… mais ça ne suffit pas à faire histoire. Pas plus que l’hommage rendu à deux figures du patrimoine tirées au sort par un dircab, Marie Curie et Jules Ferry, ne suffit à conférer l’épaisseur historique dont on manque cruellement.

 

A contrario, le modèle souvent cité, François Mitterrand, le premier président de gauche de la 5ème République, qui posait dans la bibliothèque, les Essais de Montaigne entre les mains, fut un personnage historique avant même l’heure de sa victoire : opposant privilégié de De Gaulle (Le Coup d’État permanent),  candidat unique de la gauche à la présidentielle de 1965, leader du jeune Parti socialiste, signataire du Programme commun de gouvernement avec les communistes …  

 

Le hollandisme n’a pas de passé, il vient de nulle part, mais surtout, et c’est plus grave, le hollandisme n’a pas de vision d’avenir – la stricte application des soixante propositions du candidat fait déjà bâiller d’ennui les journalistes qui suivent le bonhomme.

 

Sans inscription dans le long temps historique, François Hollande n’a pas tardé à se déployer dans l’espace. Sitôt intronisé, le voici qui file aux quatre coins de la planète : à Berlin sur le tapis rouge, à Camp David, à Kaboul … Éphémère affichage médiatique, sans conséquences, aussitôt évanoui et perdu dans le flux.

 

François Hollande dispose de cinq ans pour devenir président. Saura-t-il écrire un grand récit ou bien restera-t-il les bras ballants ?

 

 

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