Libé : Le Front de Gauche, courant externe du PS ?

Publié le par Poing rouge

Dans l’édito de Libération du 7 février, Nicolas Demorand présente l’invité de la rédaction, Jean-Luc Mélenchon, sous le titre surprenant Appétit.

 

2012-02-07UneLiberation

 

Une première interprétation rapide donne à penser qu’il s’agit de l’appétit de pouvoir dont tous les hommes politiques souffriraient, y compris Jean-Luc Mélenchon.

 

 Dans le « chaudron médiatique »  Libé - qualifié indirectement de « journalisme de qualité » - est une source « d’information » et non de « divertissement ». (Habile auto-publicité !) Le terme « appétit » -  vif désir, envie impérieuse – signe le portrait d’un  Jean-Luc Mélenchon « conduit », par ses passions sans doute,  à « frapper, frapper et frapper encore ».Un candidat qui aspire au pouvoir suprême mais qui souffre d'une absence de réflexion et montre une violence irraisonnée.

 

L'éditorialiste présente son invité sous forme de critiques reprenant le répertoire des sentiments «… dont il aime tant pointer les contradictions », celui de la violence ou l’absence de réflexion « … quitte à sulfater sans distinction … », voire de l’incapacité, du manque de connaissance « quitte aussi à ne pas répondre … aux questions trop précises sur son programme économique ou la sociologie de son électorat.»  ou de la rouerie politicienne « en dialecticien habile » (avec une allusion ironique à la formation philosophique de l’homme).

 

Après une transition magnanime et désinvolte « Mais au fond qu’importe… » ND situe le programme politique de JLM en réduisant le FdG  à un courant externe du PS, dont le seul but est d’ « ancrer à gauche le centre de gravité du PS », d’ « éviter [des] alliances au centre » et de « contraindre le social-libéralisme à s’assumer comme tel où à se réformer ».

 

La suite du texte qualifie l’action politique de JLM de « politique à l’ancienne »,  « la modernité n’a rien changé aux vieux rapports de force », « Jamais il n’a dévié de cette ligne ». Ringardisé par ND, il est donc ainsi « conduit »  à un comportement violent, « à frapper, frapper et frapper encore », « À cogner sur le Front National » « avec … brutalité ».

 

La conclusion de ND associe Hollande et Mélenchon dont les sondages monteraient conjointement témoignant d’ « une « dynamique » « réelle » mais qui « ne sera pas paisible », réduisant la politique que le Front de Gauche souhaite mener à une simple variante de celle du PS mais inutilement plus violente ! Aux électeurs d’être raisonnables et de choisir le candidat réaliste !

 

La photo de "une" choisie affiche cette même volonté de faire peur : sur fond noir,  JLM le visage sombre, fermé, creusé de rides de fatigue, fronçant les sourcils, jette un regard dur presque méprisant. Le titre, violent, tronque volontairement les propos de ce dernier quand il parle des marchés : « il faut les frapper, les frapper et les frapper encore  » devient« il faut frapper, frapper et frapper encore». De quoi faire vraiment peur aux majorités silencieuses de l’une et l’autre rive !

Publié dans Lutte des classes

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