Mélenchon, l'échappée belle devant Le Pen

Publié le par Poing rouge

Si la poussée du Front de Gauche devant la candidate du Front National devait se confirmer dans les jours qui viennent, ce serait évidemment un événement considérable, en France, et à gauche. Dans un sondage publié le 22 mars l'institut BVA annonçait en effet : "Le grand vainqueur de la campagne de ces dernières semaines est clairement Jean-Luc Mélenchon, qui devient le troisième homme en gagnant 5 points depuis notre mesure de février. Il passe à la fois devant François Bayrou et Marine Le Pen."


MelenchonversusLePen

 

L'extrême-droite française avait réussi à s'implanter durablement dans le paysage politique. Et, si elle pouvait compter sur un noyau dur fascisant, elle avait aussi réussi à capter un électorat en déshérance, sur des thèmes anti-système. C'est, en moyenne, 4 500 000 Français qui apportaient leurs voix au FN, un peu plus de 4 800 000 au 1er tour de 2002, le 21 avril, qui vit l'élimination de Jospin. Après le reflux de 2007 où le FN perdit 1 million d'électeurs, il était intéressant de suivre la campagne 2012 de la nouvelle présidente, Le Pen fille. Maquillé en parti "populiste" et dirigé par une femme plus fréquentable que le père, le "diable de confort" reprendrait-il des couleurs ? Nous sommes à ce point de la campagne où nous constatons que le FN piétine, sans qu'il soit possible de dire encore quel sera l'impact des tragiques événements de Toulouse et Montauban, qu'il tente d'exploiter. 

 

Quoi qu'il en soit, les projecteurs braqués par le Front de Gauche sur le programme réactionnaire du FN, tant sur la question sociale que sur les questions de société, ont eu le mérite de secouer la torpeur générale, plus ou moins entretenue depuis 30 ans. Pour la gauche c'est une bonne nouvelle. En distançant Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon clôt la séquence traumatique ouverte en 2002. Le "spectre du 21 avril" ne viendra plus hanter le peuple de gauche, dénaturant ses choix. Il faut à présent que le Front de Gauche écarte durablement l'extrême-droite. Dans son discours de La Réunion, Jean-Luc Mélenchon a fixé l'objectif : "Placez-la derrière moi, loin derrière moi !"



Publié dans Élections 2012

Commenter cet article