Présidentielle 2012 : du piment rouge dans la campagne

Publié le par Poing rouge

Parler, agir et chanter fort ! C’est le programme festif et studieux du Festival Piment rouge organisé par le Collectif Front de Gauche du Trièves, une dizaine de militants renforcés pour l’occasion par une dizaine d’autres, tous " motivés " pour la réussite de cette manifestation. Une belle journée printanière dans un petit village de125 habitants, Le Percy, et deux temps forts pour ce Samedi 31 mars 2012 : le temps studieux d’un échange très riche entre une centaine de participants et le temps du théâtre et de la musique.

 

2012PimentRouge

 

Au programme de l’assemblée citoyenne de l’après-midi, agriculture, crise économique et écologie.

 

Le 1er débat est animé par Ambroise Mazal (PCF) qui a participé à l’élaboration du programme partagé " L’Humain d’abord " pour les questions agricoles.

- Le constat est amer :  la politique libérale, nationale et européenne, favorise la concentration de la production dans un nombre de plus en plus limité d’exploitations et provoque l’effondrement du nombre d’emplois agricoles et le désespoir de petits exploitants trop endettés.

- C’est donc à une réforme de la PAC qu’il faut travailler (à l’opposé du projet de la Commission Européenne 2014-2020), une réforme basée sur le principe de souveraineté alimentaire, garantissant des prix rémunérateurs aux producteurs.

- Contre une agriculture productiviste où règne la loi de la concurrence libre et non faussée (Traité de Lisbonne) le Front de Gauche propose la transition écologique vers une agriculture paysanne créatrice d’emplois, très largement relocalisée et biologique. Ambroise Mazal évoque les  45 mesures du programme " Pour une agriculture écologique et créatrice d’emplois, des campagnes vivantes, une alimentation de qualité pour tous ".

- Le FDG se prononce pour une gouvernance de l’agriculture et de l’alimentation (chambres, SAFER, Office et interprofessions…) ouverte à l’ensemble des acteurs, c’est-à-dire tous les syndicats, les collectivités territoriales et les associations. L’État doit aussi assumer ses responsabilités et se réengager sur des objectifs de politiques agricoles qui répondent à l’intérêt général.

- Le FDG souhaite que la recherche agronomique soit indépendante des multinationales, notamment des lobbys pro-OGM et rappelle son opposition aux OGM de plein champ ainsi qu’aux pesticides et herbicides chimiques nocifs pour la santé publique. À la question d’un agriculteur sur les risques liés au changement climatique (la sécheresse de 2011 qui fragilise la trésorerie des exploitations touchées) Ambroise Mazal rappelle que l’agriculteur face aux intempéries doit être soutenu par l’État et non par des assurances privées. Et que le FDG veut réhabiliter un fond de calamités public qui soit capable de répondre à ces catastrophes naturelles.

 

À 16 heures, le débat sur l’économie et la crise financière est introduit par un intermède théâtral "De la démolition comme art et comme projet ", un texte coup de poing porté par un comédien inspiré, Michel Dibilio.  C’est donc devant une salle émue par la performance de l’acteur qu’Annie David, sénatrice de l’Isère, prend la parole.

- Par un tour de passe-passe, les capitalistes veulent faire payer la crise du capitalisme par les victimes elles-mêmes. Victimes qui se retrouvent responsables … de la dette. La dette est donc un prétexte pour la remise en cause du modèle social européen : remise en cause des retraites, réduction des dépenses sociales, diminution du nombre de fonctionnaires, baisse des salaires.

- Appauvri par les baisses d’impôts (cadeaux fiscaux) et l’impossibilité d’emprunter directement auprès de la BCE, l’État ne peut plus faire face à ses obligations de premier investisseur. C’est une faillite organisée : la BCE refinance (1000 milliards en deux mois) les banques privées qui réalisent des plus-values sur les dettes souveraines.

- Les peuples, en Grèce, en Espagne, sont soumis à des plans d’austérité … qui engendrent une récession … qui engendre le creusement des déficits publics.

- Face à cette cynique politique, Le FDG porté au pouvoir, désobéira et  organisera un audit citoyen de la dette. Il permettra l’emprunt public auprès des banques centrales , créera un pôle public bancaire et taxera le capital. Tout un programme ! L’humain d’abord.

 

Les deux débats ont montré l’importance de la question écologique pour sortir du modèle capitaliste productiviste. C’est donc Corinne Morel-Darleux, élue régionale Front de Gauche et secrétaire nationale à l’écologie du Parti de gauche, qui anime le troisième et dernier débat de l’après-midi.  Elle rappelle la nécessité de la bifurcation écologique, mais insiste sur le fait qu’on ne changera pas le mode de production et de consommation en culpabilisant, voire en taxant les plus faibles de notre société. Il faut d’abord combattre la précarité énergétique en donnant à tous accès aux premières tranches gratuites d’énergie.

- Mesures de justice sociale et de répartition des richesses (Revenu maximum autorisé,  hausse du SMIC,  écart maximum de salaires de 1 à 20) et transition écologique ont partie liée dans un programme politique cohérent qui renverse le cercle vicieux en un cercle vertueux

- Sur le nucléaire, les intervenants ont des positions tranchées qui reflètent la perplexité de la société française tout entière sur cette question. Corinne, qui vit à quelques kilomètres des centrales de Cruas et du Tricastin, rappelons-le, réaffirme avec force que pour le  FDG il s’agit d’une question qui doit être débattue par le peuple – qui n’a jamais eu son mot à dire - puis tranchée par référendum : sortie du nucléaire ou maintien d’un nucléaire sécurisé et public.

- L’énergie est un droit pour tous. C’est un bien commun. Il faut une réappropriation publique de l’énergie (EDF, GDF, Total, Areva …)

- Ce pôle 100% public aura la charge de la transition dans le cadre de la planification : sortie des énergies fossiles, interdiction de l’exploration  et de l’extraction des gaz de schiste.

- À partir de travaux intéressants de collectifs indépendants (scénario Negawatt, par exemple) engager la bifurcation écologique : rénovation thermique, ferroutage, relocalisation des productions, visas sociaux et environnementaux aux frontières, barrières douanières pour les produits fabriqués dans des conditions indignes de l’autre côté de la Terre.

 

Après le dîner - diots et pommes de terre cuits à la chaudière, fromage et pommes du Trièves – partagé par 120 d’entre nous dans la cour de la salle communale, tant la météo est clémente, nous nous retrouvons pour chanter et danser. Chanter avec "Longefonds voix rouge "  puis "De La Mancha " et danser avec l’orchestre " D’un commun accord ".

Nous danserons jusqu’à une heure avancée de la nuit, heureux de partager ce moment historique.

 

Nous étions 120 000 à la Bastille, 200 au Percy. Que notre campagne est belle !

Publié dans Élections 2012

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BOB 02/04/2012 19:58


Attention, Sarko n'est pas encore mort.....


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