Présidentielles 2012, une campagne à mourir d'ennui !

Publié le par Poing rouge

2005, 2012. Pourquoi rapprocher ces deux dates ?

 

Dans les deux cas, la messe est dite, les sondages le confirment, le bi-partisme se partage tout le champ du possible, et les commentateurs, experts, éditorialistes brodent à longueur d'antenne sur les chances respectives de victoire des deux champions du "cercle de la raison".On reste entre personnes de bonne compagnie.

Après la victoire de Hollande aux primaires saluée dès le mois de ... mai 2011 par un tonnerre d'applaudissements sondagiers et l'entrée en campagne de Sarkozy,  c'est enfin la castagne, le choc des titans ! Quel beau spectacle s'exclament les figurants.

 

JamesEnsor

 

Comme le nez au milieu de la figure, cette alternance possible sans alternative politique se lit sur la une du magazine Paris Match du 15 mars 2005, où les deux compétiteurs d'aujourd'hui, tous deux favorables au TCE, posent "en toute décontraction et tout sourire".

Un peu plus tard, "cette nouvelle génération, cette nouvelle façon d'aborder la politique" sera sanctionnée par le non des Français. Qu'à cela ne tienne ! L'instant de stupéfaction passé, analyse faite de la bétise crasse du peuple, on reprend dans les deux camps les petites habitudes : Sarkozy, au pouvoir, proposera au vote du Congrès un nouveau traité, dit de Lisbonne, que les autres, en s'abstenant pour la plupart, laisseront passer. Le tour est joué !

 

Sarkollande

 

Pour 2012, on nous annonçait un duel DSK - Sarkozy, le "bon docteur du FMI" contre le "Président des riches". Le premier s'embourbe-t-il dans une histoire de moeurs, abondamment commentée ? Qu'importe ! Ils sont interchangeables. On aura un duel Hollande - Sarkozy. Le bon, celui qui panse les plaies contre la brute, celui qui remue le couteau dans la plaie ! De quoi passionner les électeurs ! Pensez-donc, un débat sur les Valeurs avec un V majuscule, ça a quand même plus de gueule que de parler emploi, salaire, école ...

 

En ce mois de février finissant, la machine médiatique a pris son allure de croisière , avec grosso modo, les mêmes experts-éditorialistes qu'en 2005, les Reynié, Duhamel, Joffrin  ... Une logorrhée soporifique, de faux débats, des temps de paroles truqués, entre deux spots publicitaires pour des voitures allemandes. Le leitmotiv du spectacle ?  "There Is No Alternative", le slogan attribué à Margaret Thatcher, à moins que ça ne soit à Meryl Streep la "Dame de fer" ? Comment savoir quand tout est spectacle.

 

Dans l'autre camp, celui des invisibles de gauche de 2005, on débat, on se retrouve en assemblées citoyennes, on travaille à l'alternative, conscients de la catastrophe humaine et écologique que le capitalisme entraîne.On se tient chaud aussi ! Face au mépris affiché sur les plateaux de télévision, dans les studios des radios, dans les journaux ...

De temps en temps, la voix forte de notre candidat commun, celui que nous avons choisi, dans nos partis respectifs, par nos votes militants, réussit à troubler l'ordre des choses : des images fugaces, ici ou là, ont été vues, en fin de journal télévisé ou à une heure de faible audience. Parce que "Faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là", il faut avoir l'air démocrate ! Certain éditorialiste, grand seigneur, le désigne même comme le meilleur orateur de cette présidentielle ! "Dommage qu'il ne soit pas candidat, monsieur Mélenchon" disait une femme récemment sur un marché à Sainte Geneviève des bois".

 

Tout va donc continuer comme cela jusqu'en avril, avec l'éternel 3ème homme Bayrou, avec les Le Pen en supplétifs des droites ... sous le regard bienveillant des "marchés", cette entité ectoplasmique, sorte de monstre mythologique qu'il faut se garder de réveiller au risque de le voir manger nos enfants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Élections 2012

Commenter cet article