Le Front de Gauche "met à la cape"

Publié le par Poing rouge

"Résistance !" disions-nous dans nos grands rassemblements. Résistance plus que jamais d’actualité, alors que le vote pour Le Pen-fille (6 421 773 voix) dépasse le score de Le Pen-père au deuxième tour de la présidentielle 2002 (5 525 000 voix).

 

Mettre à la cape

 

- Rappel : mettre à la cape consiste, pour un voilier, à régler son cap et sa vitesse en réduisant la voilure par rapport au vent, à la mer et à la houle, de manière à réduire ses mouvements et limiter les efforts sur la coque et le gréement dans la tempête. Lorsque le navire est à la cape, le vent (force 8/9) et la mer (déferlantes) arrivent généralement par le travers. Cette allure peut éventuellement être conservée jusqu'au retour à des conditions plus clémentes, à condition que le vent ne pousse pas le navire vers des dangers. (D’après Wikipedia.)

 

Article-2012-04-23-FDG

 

- Les 3 985 298 voix obtenues par Jean-Luc Mélenchon, auxquelles il faut ajouter les 652 318 voix des deux candidats trotskistes ne doivent pas être surestimées. C’est mieux qu’en 2007 (3 300 000 électeurs) mais c’est à peu près le socle de 2002, si on laisse de côté une partie du vote Chevènement comme souverainiste. Le fait nouveau, c’est la candidature unique qui dynamise le combat et qui se lit dans la très grande homogénéité du vote Front de Gauche sur l’ensemble du territoire : un vote éclairé, des classes sociales conscientes et organisées autour de leurs syndicats, de leurs partis politiques, animées par les grandes luttes sociales et politiques des quinze dernières années.

Là est l’apport capital du Front de Gauche, qui doit dans les semaines qui viennent affronter quelques sérieux coups de vent. Le 6 mai prochain, nous en revenons à un référendum anti-Sarkozy, choix a minima peu gratifiant après les mois d’intense enthousiasme. En juin, nous devrons enchaîner avec des législatives difficiles : un parti du président Hollande très gourmand et un Front National qui sera en capacité de se maintenir au second tour par le jeu des triangulaires … Gros écueils pour nos candidats, donc !

 

La déferlante FN

 

Trente années de désindustrialisation et de délocalisations, le recours massif au travail intérimaire, un chômage de masse, des jeunes qui sortent d’une école malmenée et qui les malmène, sans qualification, exclus du marché du travail, le désengagement de l’État … Comme partout dans la zone euro, l’extrême-droite se nourrit des mutations du capitalisme. En France, la carte du vote FN en 2012 correspond aux friches industrielles du Nord-Est et aux zones tampons d’immigration maghrébine de la Sun Belt. Le vote xénophobe et identitaire des " petits blancs " des zones pavillonnaires ou des cités, déclassés, non-syndiqués, chômeurs, abandonnés à leur ressentiment, est certes moralement condamnable mais sociologiquement cohérent.    

 

Tenez bon le vent!

 

Après la tempête, viendra pour le Front de Gauche le temps de la réflexion. La prochaine Convention pourrait être l’occasion d’une réflexion collective autour de deux points qui me semblent essentiels :

- quel mode d’organisation pour associer les nouveaux militants individuels ou groupes au FDG ?

- quels nouveaux outils pour mener le combat idéologique nécessaire : édition, presse, télévision ?

 

Bon vent au Front de Gauche !

Publié dans Élections 2012

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